C’est quoi une échoppe ?

Bordeaux, la ville aux dix mille échoppes

Au XVIIIème siècle, la pierre a remplacé le bois mais les caractéristiques générales de l’exploitation restaient les mêmes. La chambre, habitation sommaire d’une seule pièce, à la toiture d’une seule pente couverte de tuiles, serait la descendante de l’appentis de l’hostau du Moyen-Age : les « cambras » dans lesquelles vivaient les journaliers, les brassiers et les vignerons.

De son côté, l’échoppe qui, au cours du XVIIème siècle avait poussé le long de la muraille pour ceinturer une bonne partie de la ville, s’en est détachée pour se poser dans les faubourgs. En même temps et naturellement , le mot « échoppe » est venu se substituer au terme de « chambre » pour désigner le même logis rudimentaire comme il l’avait fait quatre siècles auparavant pour remplacer le mot « appentis« .

A Bordeaux, comme partout en France, les échoppes étaient, dés le XVème siècle, des maisons où travaillaient et vivaient des artisans et commerants.

A partir du XVIIIème siècle à Bordeaux l’échoppe est devenue un habitat trés spécifique car uniquement à usage d’habitation. Les dernières échoppes furent construites dans les années 1930-1940.

L’échoppe bordelaise constituait un habitat pavillonnaire, était souvent mitoyenne, essentiellement de plain pied avec un petit jardin derrière. Le jardin est un élément important de l’échoppe depuis son origine jusqu’à nos jours. Fin XVIIIèeme et au XIXème siècle, il servait autant de jardin d’agrément que de potager.

Les matériaux employés étaient principalement de la pierre de taille provenant des carrières du Blayais ou de L’Entre-deux-mers.

Autre point fort de l’échoppe : l’architecture de sa faade parfois simple, parfois très travaillée, permet d’éviter la monotonie et d’obtenir un ensemble très cohérent et très varié.

Nous trouvons à Bordeaux les échoppes principalement autour des boulevards périphériques, mais également à Caudéran, Talence, Le Bouscat et Bègles. De nombreuses dans les quartiers Sacré coeur-Nansouty, Ornano-Saint Augustin, Saint Genès et barrière de Pessac.

L’échoppe simple : couloir latéral avec les pièces en enfilade. La largeur de la faade est comprise généralement entre 5 et 6 mètres.
L’échoppe double : couloir central, pièces de part et d’autre , beaucoup plus large 8 à 10 Mètres.
La surface habitable est également très variable de 50 à 120 M2.

La cave est très souvent présente, elle se situe principalement côté rue, elle permettait d’entreposer notamment le charbon ou le bois de chauffage.

Les échoppes jusqu’aux années 1890 furent couvertes de tuiles de Gironde et ensuite apparurent les tuiles industrielles dites de Marseille.

L’évier de la cuisine était souvent le seul point d’eau de la maison. L’eau courante est apparue assez tardivement ; les puits en fond de jardin ou mitoyens permettaient l’approvisionnement des habitants de l’échoppe.

De nos jours, l’échoppe correspond toujours à un style d’habitat très recherché car il offre de nombreux points forts tels que : son côté individuel, son jardin souvent assez grand , assez proche du centre ville et de son lieu de travail.

De part sa hauteur sous faîtage, dans de nombreux cas, les combles sont maintenant aménagés. Beaucoup sont également surélevées pour permettre un aménagement plus actuel avec tout le confort (N.D.J. : beaucoup sont également totalement dénaturées par des surélévations qui ne respectent ni l’architecture, ni la perspective de la rue ou du quartier).

L’échoppe bordelaise a certainement encore de beaux jours devant elle car elle correspond toujours à la demande actuelle : après presque deux siècles pour certaines de bons et loyaux services.

 

Merci à www.bordeaux-echoppes.com pour le chapô et à cette agence pour le texte (mais pas pour les fautes).

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